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Cinébulletin 50 ans

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Histoire et présent

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«Si la revue n’existait pas, il faudrait l’inventer – parce qu’au sein d’une branche, l’échange d’informations et le partage d’idées sont essentiels.»

- Walter Ruggle

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À l’automne 1975 paraît le premier numéro de Cinébulletin, fruit d’un projet lancé au printemps par le Centre suisse du cinéma – ancêtre de Swiss Films, qui assurera la publication jusqu’en 2001 avant de céder cette responsabilité à une association indépendante. À peine fondé, ce nouvel organisme vise à créer « un lien entre les protagonistes du nouveau cinéma suisse, les producteur·trice·s, les réalisateur·trice·s, les technicien·ne·s, les animateur·trice·s, les critiques de cinéma ainsi que les ciné-clubs et les salles », écrivait en 2005 Martin Girod, cofondateur de la revue.

Portée par David Streiff, alors directeur du centre, l’initiative réunit six associations professionnelles autour d’un organe de communication commun. « Tout le monde devrait pouvoir savoir ce que fait tout le monde », résumait Pierre Lachat, premier rédacteur en chef de la revue.Il s’agissait de remplacer les publications associatives existantes par un espace partagé, à la fois informatif et symbolique. « Ce que personne n’aurait cru possible est devenu réalité », nous confie aujourd’hui Alex Bänninger, chef de la section Cinéma entre 1970 et 1984. « À l’époque, ce que les producteur·trice·s considéraient comme juste était rejeté par les auteur·trice·s, qui, de leur côté, étaient en conflit avec les distributeur·trice·s et les exploitant·e·s. » Cette configuration explosive rendait d’autant plus remarquable la naissance d’une revue commune.







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Dès l’origine, Cinébulletin s’inscrit dans un paysage conflictuel, avec une opposition entre le « nouveau cinéma suisse » et une « vieille garde » d’exploitants et de distributeurs. Cette tension transparaît dans les difficultés rencontrées pour faire circuler les films suisses dans les réseaux de diffusion.

Les débuts sont marqués par des moyens limités. La revue, montée artisanalement, remplit pourtant une fonction essentielle dans un secteur encore en construction. « À l’époque, on attendait chaque mois les bulletins pour connaître les projets en cours, les productions, les décisions politiques », explique aujourd’hui Mischa Schiwow, éditeur délégué de Cinébulletin de 1998 à 2012, d’abord rattaché au Centre suisse du cinéma, puis à Swiss Films après 2004. « Il y avait une grande diversité d’approches, mais aussi une volonté commune de construire quelque chose », observe Vincent Adatte, actuel président de l’association.
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La revue a rapidement dépassé son rôle initial de point de rassemblement des informations jusque-là dispersées dans différents bulletins associatifs, pour devenir une véritable plateforme de débat structurée. Le concept thématique était discuté au sein d’une commission de rédaction réunissant, aux côtés des rédacteur·trice·s, un·e représentant·e de chaque association impliquée, ainsi que le Centre suisse du cinéma. Un journaliste professionnel, Pierre Lachat, fut engagé dès le premier numéro pour diriger la rédaction, un choix qui traduisait une aspiration à la rigueur et la volonté de développer une publication de qualité sur le long terme.

Il est indéniable que les attentes des associations impliquées ont influencé le contenu éditorial de la revue, tout comme son intégration au sein du Centre suisse du cinéma et à sa mission de promotion nationale. Cependant, la rédaction a toujours veillé à préserver son indépendance, comme en témoigne une charte éditoriale régulièrement actualisée.
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En pratique, cela s’est parfois révélé être un exercice d’équilibrisme épuisant entre les différents groupes d’intérêts. « On parle de liberté rédactionnelle, que l’on ne garantit que pour autant qu’elle ne sorte pas du propre champ de vision, et seulement tant qu’elle ne s’en prend qu’aux propres ennemis – occasion qui vaut au rédacteur de chaleureux remerciements », résume Walter Ruggle, rédacteur en chef de la revue de 1983 à 1985, dans le numéro spécial publié en 2015 pour les 40 ans de Cinébulletin.

Nombre de rédacteur·trice·s ressentaient la pression de devoir servir l’industrie du cinéma sans se laisser instrumentaliser. La dépendance financière, elle aussi, pesait sur la revue. Les périodes plus agitées en politique cinématographique, marquées par des changements plus ou moins dramatiques à la tête de l’Office fédéral de la culture, n’ont pas été sans conséquences pour la revue : « Un rituel récurrent faisait que de temps à autre, le mécontentement accumulé de l’industrie en désaccord se déversait dans une rare unanimité contre les rédacteur·trice·s de CB, devenu·e·s des boucs émissaires idéaux », écrit Martin Girod, rédacteur en chef de 1988 à 1993.


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«Pour ma part, je me voyais comme un reporter diplomatique au service de la cohérence du secteur», déclare Michael Sennhauser, rédacteur en chef de 1993 à 1996 et de 1999 à 2001.
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Françoise Deriaz, à la tête de la revue pendant plus d’une décennie, souligne aussi cette tension : « Les associations voulaient être représentées, mais dès qu’on traitait un sujet sensible, certains se sentaient trahis ou marginalisés. Il fallait à la fois garder une certaine neutralité et ne pas sombrer dans le consensus tiède. » Elle évoque aussi les défis du comité de l’association, censé refléter la diversité des partenaires, mais souvent tiraillé entre objectifs politiques et exigence journalistique.

« Quand on sortait un dossier un peu engagé, on recevait immédiatement des appels. Certains considéraient que Cinébulletin devait rester un simple bulletin d’information, pas un lieu de débat », poursuit Françoise Deriaz.

Aujourd’hui encore, la revue a pour objectif principal de maintenir un équilibre entre les différentes positions – comme le décrit Clemens Klopfenstein, il s’agit d’être une sorte de « tante bienveillante », en soi rien de désagréable.
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Ce qui avait commencé comme un projet pilote trimestriel s’est peu à peu imposé. Selon le rapport d’activité du Centre suisse du cinéma de 1978, sous la direction de David Streiff, « en trois ans d’existence, [il est] devenu un organe d’information indispensable pour la création cinématographique suisse ». Un an plus tard, on parle d’un « large cercle d’intéressé·e·s en Suisse et à l’étranger ». En 1980, un numéro spécial de Cinébulletin revêt une importance particulière, parce qu’il est « destiné avant tout à informer les parlementaires et les autorités fédérales des problèmes actuels du cinéma suisse », une initiative jugée réussie.

Cinébulletin s’est imposé comme une référence documentant l’évolution et la dynamique de la branche cinématographique. Ivo Kummer le confirme : lorsqu’il était à la tête des Journées de Soleure, la revue était une référence solide à présenter lors des démarches de financement, notamment grâce à sa perspective critique. Walter Ruggle souligne la fonction historique de CB : « En feuilletant les anciens numéros, on explore les archives du cinéma suisse, son cheminement au fil du temps, illustré par une richesse incroyable de matériaux bruts. »
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Walter Ruggle souligne : « Si cette revue n’existait pas, il faudrait l’inventer, parce que la libre circulation des informations et des idées au sein d’une branche est essentielle. » Lucie Bader, responsable de publication de la revue de 2014 à 2022, partage cet avis : « Pour ma génération, c’est un média important, une plateforme de discussion. On aimait la lire et cela reste valable aujourd’hui. » Martin Girod se souvient qu’il a fallu faire preuve de persuasion pour inciter les membres de l’industrie à contribuer à la revue avec des textes : « Je voulais qu’Alain Tanner prenne clairement position et ne se contente pas de faire des déclarations. »

Françoise Deriaz souligne quant à elle le rôle du support imprimé comme lien concret entre les régions du pays : « Je l’ai beaucoup entendu, ce débat. Mais pour moi, Cinébulletin devait continuer à exister sur papier. C’est un trait d’union entre les régions linguistiques, un moyen tangible pour les professionnel·le·s de savoir ce qui se passe dans la politique du cinéma et dans les associations. »
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La consommation de l’information a évolué avec la numérisation de la société. Le traitement des données brutes migre sur internet, laissant la place à davantage de débats thématiques sur papier. « Il ne faut pas que CB s’enferme dans une perspective nombriliste », estime Lucie Bader. Elle est par ailleurs persuadée que l’approfondissement de sujets internationaux d’actualité aide à attirer un lectorat plus jeune.

Niccolò Castelli, réalisateur et directeur artistique des Journées de Soleure, voit dans la revue un outil de veille essentiel : « Au travers de Cinébulletin, je découvre des visages, des thématiques, des projets qui ne sont pas encore visibles ailleurs. C’est une manière de rester connecté à ce qui bouge dans la branche. » Il souhaiterait néanmoins que la revue prenne parfois des positions plus tranchées, « notamment sur les conflits internes ou les grandes mutations du secteur ».
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Dans un écosystème où la visibilité reste inégalement répartie, Lucienne Lanaz (lire aussi notre entretien ci-après) insiste sur la fonction de reconnaissance de Cinébulletin : « Il permet de faire exister des parcours qui, autrement, seraient restés confinés à des réseaux fermés. »

En font partie les efforts des dix dernières années pour offrir une plateforme à la création cinématographique de la Suisse italienne. Malgré des moyens limités, la revue comporte désormais deux pages par numéro rédigées par une correspondante italophone.

La fonction politique de Cinébulletin se manifeste pleinement dans les périodes de mobilisation. Elle s’est révélée un outil stratégique lors de campagnes clés comme No Billag ou la Lex Netflix, observe Roland Hurschler, secrétaire général de l’ARF/FDS : « Elle a été essentielle dans ces moments-là. Elle accompagne la branche dans les débats politiques tout en assurant un lien entre les métiers. » Selon lui, une telle légitimité suppose aussi la capacité à exercer un regard critique – y compris sur ses propres soutiens : « La revue doit oser questionner, même vis-à-vis de ses financeurs. »
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Le financement a toujours été et reste le thème central lorsqu'il s'agit des défis auxquels est confrontée la revue. Dans le rapport d'activité du Centre du cinéma de 1981, il est indiqué que le Cinébulletin « est confronté à des problèmes financiers croissants ». Dès le début, le budget était constitué d'une contribution de la Confédération, des cotisations des associations, des abonnements et des annonces publicitaires. D'une parution mensuelle, la revue est aujourd'hui passée à six numéros par an.
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La mise en place d'un site Internet performant compense au moins en partie cette réduction de numéro. « Le contenu a conservé sa continuité », explique Brigitte Meier de Suissimage. « Même avec seulement six numéros par an, les informations sont très denses et actuelles ». Ce changement reflète l'évolution des habitudes et la nécessité de se concentrer sur le contenu du magazine. Adatte souligne que « la question du trilinguisme et de son financement » reste un défi majeur.

« Nous essayons également de trouver un équilibre entre une présence en ligne renforcée et la poursuite de la publication imprimée. » Pour répondre à cette double exigence, l'association, qui dispose de moyens limités, doit rester flexible afin de pouvoir réagir aux différentes demandes.

La revue doit préserver son indépendance éditoriale tout en convainquant les organismes de financement institutionnels de la légitimité de ses décisions. Comme le souligne l'ancien directeur de la revue, Thomas Tribolet, l'une des forces du Cinébulletin a toujours été de « rester petit pour perdurer » et de se concentrer sur son ancrage dans le secteur.


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Représentation




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Vous souvenez-vous de votre premier contact avec Cinébulletin ?
Si je ne me trompe pas, j’ai dû y adhérer tout de suite. C’était vers 1975, non ? Oui, c’est ça. J’avais commencé mon premier film en 1974, puis le deuxième en 1976. Donc Cinébulletin faisait partie de cette effervescence-là.

C’est une revue que vous avez suivie régulièrement ?
Oui, je la lis encore aujourd’hui. J’y trouve toujours des articles intéressants. Pas tout, bien sûr, mais j’apprécie la diversité. Et surtout, je trouve très important qu’elle soit trilingue. C’est une richesse rare dans un pays comme le nôtre.

Parmi les changements au fil des années, lesquels vous ont marquée ?
Je dirais qu’on met aujourd’hui davantage l’accent sur les aspects techniques du cinéma. Il y a un peu moins d’articles philosophiques, ou, disons, plus humanistes. Mais je comprends que c’est une réponse aux besoins des nouvelles générations : il faut leur donner les outils pour faire leurs films.

Comment la place des femmes a-t-elle évolué dans Cinébulletin, selon vous ?
Au début, il n’y avait rien. Comme partout. On ne voulait même pas savoir qu’il y avait des femmes cinéastes. Aux Journées de Soleure, on était trois ou quatre, et il fallait se battre pour pouvoir simplement prendre la parole. Quand les films de femmes ont commencé à être montrés à Soleure, ça a tout changé. Et aussi à Zurich : c’est là que j’ai rencontré d’autres réalisatrices comme Isa Hesse, avec qui je suis devenue très amie, vers 1977. Pour moi, ça a été un vrai déclic. Je me suis sentie moins seule.

Vous avez souvent autoproduit vos films. Cinébulletin a-t-il joué un rôle dans leur visibilité ?
Honnêtement ? Pas tellement, au début. La revue était assez machiste. Mais c’était le reflet de l’époque. Plus tard, avec l’arrivée de nouvelles rédactrices, ça a changé. Aujourd’hui, je trouve que Cinébulletin est un espace très précieux. C’est un lieu où l’on peut se retrouver, même dans un pays aussi morcelé que le nôtre.

Vous avez fondé le groupement CH-Filmfrauen en 1975. Quelle était son ambition ?
C’était surtout une histoire d’amitié. On se retrouvait chez moi, on partageait nos projets, nos galères. On n’avait pas la force, ni les moyens de faire une vraie structure de production, mais ce réseau nous a soutenues moralement. Ce n’était pas officiel, je ne crois même pas que Cinébulletin en ait parlé. Mais ça a compté.

Quel regard portez-vous sur les débats actuels autour du genre, dans le cinéma et dans la société en général ?
Je vais être franche : ça me dépasse un peu. Je comprends qu’on mette aujourd’hui en lumière le genre au sens large, mais moi, ce qui m’importe, c’est l’égalité réelle entre tous les êtres humains ! Les salaires, la charge mentale, la reconnaissance. Pas la diversion médiatique. Ce que je crains, c’est qu’on oublie l’essentiel à force de débattre sur les étiquettes.

Quels aspects de la branche en Suisse vous préoccupent aujourd’hui ?
Ce qui me dérange, c’est le manque de diversité dans les jurys dans les commissions de sélection. Beaucoup de quadragénaires, très peu de seniors. Et puis les baisses de subventions culturelles, c’est dramatique. La culture est un pilier de notre société. Et si on l’abandonne, on perd quelque chose de fondamental.

Vous travaillez actuellement sur un nouveau projet ?
Oui, je produis en ce moment le film « Victorin et Mlle Bichcuits », réalisé par Julie Frund-Pozner. C’est un très beau projet pour enfants, qui mêle animation et théâtre, dans une approche à la fois sensible et inventive. On est en pleine production.
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L'incroyable Lulu!
Un film de Mathias Wälti

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Conception graphique

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Si la mission éditoriale de Cinébulletin est restée assez constante – informer, fédérer, décrypter les enjeux du secteur –, son identité graphique, elle, n’a cessé de se transformer. À travers ses couvertures, la revue retrace à la fois les métamorphoses du graphisme éditorial et l’évolution du regard porté sur le cinéma en Suisse.
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En 1975, la première couverture se distingue par une radicalité : typographie géométrique composée de lignes parallèles, aucune image, mise en page stricte. Le magazine se présente alors comme un outil, un bulletin au sens premier, destiné aux membres de sept associations professionnelles. 
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En 1976, cette austérité persiste, mais le titre gagne en dynamisme, presque en mouvement et en relief, grâce aux variations d’épaisseur des lignes, amorçant un glissement vers une identité moins rigide. 
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En 1977, le lettrage se simplifie, le texte se déploie plus lisiblement, mais l’image reste absente. Cette sobriété s’inscrit dans la tradition des publications professionnelles de l’époque.
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L’image entre en scène

Un tournant s’amorce en 1980, avec l’apparition d’une photographie en couverture : une fillette en mouvement, issue du film « Le Chemin perdu », de Patricia Moraz. En 1981, la photographie s’impose en pleine page. 
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Puis, en 1984, Cinébulletin franchit un cap esthétique : deux silhouettes noires et stylisées marchent sur un pont, sur fond blanc dépouillé. Le jeu sur l’aplat et l’abstraction introduit une dimension narrative et visuelle inédite. Le bandeau incliné « Solothurn 84 » ajoute une tension graphique, rompant avec le statisme des couvertures précédentes. La typographie, plus fine et légèrement inclinée, donne un ton plus confidentiel, allégeant l’ensemble. Au fil des années, le titre se fait plus discret, parfois centré et réduit.
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À la fin des années 1990 et au début des années 2000, la mise en page se densifie et se structure. En 1999, les rubriques apparaissent en couverture, les titres se colorent, l’identité visuelle gagne en épaisseur. Cette période marque une professionnalisation accrue, alignée sur les codes de la presse magazine.
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En 2014, Cinébulletin adopte une esthétique épurée : le sigle « CB » devient un logo affirmé, la photographie grand format s’impose, et le texte se fait minimal. L’image porte désormais l’identité visuelle du magazine. À l’intérieur, le français et l’allemand cohabitent en vis-à-vis, chaque langue occupant son propre côté, selon un principe de retournement.
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Les numéros récents, comme celui d'avril-mai 2022, confirment l’évolution vers une mise en page structurée : photographie en pleine page, bandeau blanc, titres en rouge. En un demi-siècle, Cinébulletin est passé d’un bulletin informatif à une revue où l’image et l’esthétique occupent une place centrale. Une évolution en phase avec les transformations du paysage médiatique.
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Notre lectorat

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En mars 2025, Cinébulletin a envoyé un questionnaire à l’ensemble de ses abonné·e·s pour mieux cerner les attentes de son lectorat. Trente-six personnes ont répondu, un chiffre modeste au regard de la diffusion de la revue.

La quasi-totalité des participant·e·s se déclarent professionnel·le·s du cinéma ou de l’audiovisuel. La tranche d’âge la plus représentée se situe entre 41 et 60 ans (43 %), suivie par celle des plus de 60 ans (31 %). Le panel est majoritairement masculin et germanophone : 60 % des réponses proviennent de la Suisse alémanique, contre 25 % de Suisse romande et 15 % du Tessin, ce qui correspond, comme par hasard, à une répartition réelle du lectorat. Une majorité (57 %) privilégie le format papier. Seuls 2,8 % des participant·e·s ne lisent la revue que sur le web.
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Sur la forme, les suggestions restent modérées mais claires : rendre la lecture plus confortable (avec une taille de police plus grande), en donnant la priorité à la clarté de l’information. D’autres voix s’attendent à l’inverse à une intégration croissante d’éléments visuels et d’illustrations.

Lorsqu’il s’agit de la structuration du contenu de la revue et de la préférence pour l’une ou l’autre rubrique, (presque) toutes les opinions sont représentées. L’intégration de la Suisse italienne par le biais de pages en langue italienne fait l’objet de discussions, car la diversité linguistique est en principe saluée, mais il est également suggéré de ne pas organiser les thèmes uniquement en fonction de la régionalité.

Interrogé·e·s sur le ton et le style de la revue, les répondant·e·s expriment un sentiment ambivalent. Beaucoup apprécient un traitement qu’ils jugent « engagé », « critique », ou encore « professionnel ». Mais plusieurs voix soulignent aussi une certaine « monotonie » ou une trop grande « neutralité ».

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Les réponses aux questions ouvertes sur les thématiques à développer ont été parmi les plus variées, et révèlent un fort désir d’approfondissement éditorial. Le cinéma d’animation revient avec insistance : quelques lecteur·trice·s jugent ce secteur insuffisamment représenté. «Animationsfilm!» écrit l’un·e. Une perception subjective apparaît alors clairement lorsqu’il s’agit de thèmes principaux manquants. Mais elle révèle aussi la passion inspirante qui caractérise ce secteur.

De nombreuses voix appellent à traiter plus frontalement la politique du cinéma, tant au niveau national qu’international. Les mécanismes de soutien, les débats institutionnels, les enjeux de diversité sont cités comme des angles à explorer plus en profondeur. D’autres souhaitent que Cinébulletin mette plus en lumière les coulisses des métiers techniques, évoquant «le besoin de revaloriser le geste, l’artisanat, dans un monde de plus en plus numérisé».

La précarité du travail artistique est aussi mentionnée, par exemple en ce qui concerne la prévoyance vieillesse, de même que les défis liés à l’éducation à l’image, aux films pour le jeune public ou à l’accessibilité des contenus. Certain·e·s regrettent un manque de perspective internationale : «On voit trop peu les succès suisses à l’étranger», ou encore : «Il manque une vraie analyse sur le désintérêt du public pour le cinéma aujourd’hui.»

Enfin, quand on leur demande de résumer Cinébulletin en quelques mots, les réponses les plus fréquentes sont : «informatif», «actuel», «indispensable». Mais là aussi les critiques affleurent, évoquant un magazine «trop réduit», «trop rapide à lire», ou «trop sobre».
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Relève

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Cinébulletin lance «Relève», un nouveau podcast dédié à la jeune génération de cinéastes en Suisse. Ce format vient enrichir la mission centrale de Cinébulletin : informer, mettre en réseau et représenter les acteurs du secteur, toutes générations confondues.

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En collaboration avec les écoles supérieures de cinéma suisses (ECAL, HEAD, HSLU, ZHdK, CISA), Cinébulletin présente chaque mois sur la plateforme cinebulletin.ch, dans la nouvelle rubrique Photogramme, une sélection de films d'étudiant·e·s.
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Editeur: Association Cinébulletin
Responsable de publication: Daniela Palumbo
Rédaction en chef: Adrien Kuenzy, Teresa Vena
Assistant de rédaction: Alexandre Ducommun
Graphisme: Ramon Valle

2025 © Cinébulletin




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Françoise Deriaz © Solothurner Filmtage
Alain Tanner © Collection Cinémathèque suisse
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Illustration © Julie / Julot Wuhrmann
Lucienne Lanaz © DR
«Giuseppe», Isabelle Favez © DR
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Sauf indication contraire : DR







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